L’ère du Big Data bat son plein. Avec ses 3 V (Volumétrie, Vélocité et Variété), le Big Data envahit tous les secteurs d’activité intéressés par le brassage et la structuration de données hétérogènes. En effet, leur compilation et leur traitement conduisent le plus souvent à un contenu riche et intelligible. Le secteur immobilier est de plus en plus gourmand en données comportementales, géomarketing, météorologiques, énergétiques…


La digitalisation progressive de l’immobilier va contribuer :

    • à optimiser la commercialisation de nouveaux biens,
    • à prévenir le risque d’obsolescence des bâtiments,
    • à favoriser dans le même temps l’efficience énergétique des bâtiments.

Des nouvelles sources de ciblage et de prédiction

Pour les transactions

Trouver un acquéreur mûr et solvable pour un produit immobilier peut être facilité si on recourt au Big Data pour sélectionner la perle rare (comme aux Etats-Unis, en se basant sur différents critères : date du dernier investissement, nombre et âge des enfants, salaires, professions, lieu de résidence…). À ce stade, la France recueille seulement les informations liées aux comportements qui laissent des traces sur le web : clic, téléchargement…

Pour la construction

À l’échelle d’un quartier, cela paraît déjà prometteur pour les affaires… Mais au niveau d’une ville ou d’un département, le Big Data est susceptible d’orienter grandement les programmes et chantiers du bâtiment. En effet, certains indicateurs chiffrés existants peuvent aider à l’implantation d’un projet immobilier ou au choix du gros œuvre :

    • Indice de Tension Immobilière d’un quartier (ce ratio permet de définir par zone géographique le nombre d’acheteurs potentiels pour un même bien, déterminant en quelque sorte son attractivité),
    • Calcul du bilan carbone attendu pour la construction, en fonction des systèmes et matériaux choisis (ceci aura un impact sur la capitalisation, notamment en cas d’obtention du label HQE).

La maîtrise de la donnée utile fournit aux constructeurs un avantage concurrentiel certain. Il s’agit de prendre en compte les données contextuelles qui vont conférer de la valeur au futur bien immobilier : situation géographique, performance énergétique, architecture, services et commerces… L’Investissement Socialement Responsable (ISR) est une réponse pour coller aux tendances et nouvelles normes de notre société en matière d’immobilier.

Pour la rénovation

La consommation moyenne annuelle d’un bâtiment est d’environ 240 kWh d’énergie/m2 chauffé. Or, les enjeux énergétiques et climatiques doivent abaisser cette consommation en dessous de 100 kWh/m2/an. Les possibilités d’économies d’énergie sur le parc bâti sont donc majeures. La rénovation est un moyen efficace de gagner de la performance énergétique, en particulier sur les bâtiments anciens. À cet effet, le Big Data partage des informations permettant de positionner chaque bâtiment par rapport à un étalon de référence (le plus performant de la zone ou du secteur, la moyenne des performances des bâtiments de la zone ou du secteur, la moyenne historique lissée de la zone ou du secteur…).


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Le Smart Building : de la transparence au-delà des murs !

Le bâtiment de demain sera intelligent tout au long de son cycle de vie, car connecté à son environnement grâce à des capteurs interrogeables à distance. En passant de la simple Gestion Technique du Bâtiment (GTC) à l’ère du Big Data, des relevés seront effectués toutes les 10 secondes. Cela rendra possible une exploitation en temps réel des données du bâtiment.

Le Big Data pourra donc permettre de croiser de multiples sources de données, initialement dispersées ou cloisonnées :

    • l’ancienneté et la typologie des appareils,
    • les consommations énergétiques par établissement,
    • le montant réel de la facture énergétique,
    • les usages et pratiques : lois horaires, mode d’utilisation, typologie d’accueil (habitation, bureaux, passage ou accueil…)
    • des métriques moyennes du marché,
    • des tendances observées sur des périodes antérieures sur le même périmètre.

 

Les gestionnaires de parc immobilier ou responsables techniques, qui disposeront au final de rapports, synthèses et autres graphiques, pourront donc :

    • programmer des visites de sites « utiles » en collaboration avec leurs mainteneurs,
    • anticiper les futurs investissements ou réaliser des arbitrages (ex : remplacement, déplacement ou suppression d’un appareil),
    • évaluer la performance énergétique des sites (globale et unitaire) et le potentiel d’économies associé à réaliser (en euros et en kWh),
    • cibler les plans d’actions (en fonction des écarts d’efficience énergétique constatés sur des établissements comparables, par rapport à un historique, une moyenne du parc ou un référentiel national),
    • sensibiliser les différents acteurs aux changements de pratiques à opérer.

La data intelligente (structurée et sélectionnée) sera au service du pilotage énergétique. Les algorithmes ne remplaceront pas le conseil humain. Aussi, des experts sont attendus par les professionnels de l’immobilier et du bâtiment pour vulgariser les résultats issus de cette alchimie Big Data & immobilier et leur donner toute la valeur et tout le sens qu’ils méritent.


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Publié par Guillaume

Guillaume est Content Marketing Manager chez Invox. Journaliste dans la presse écrite pendant 5 ans et chef de projets en agence durant 4 ans, il a rejoint l'équipe...