Dans cet article, Datanergy revient sur l’élection de Donald Trump et sur ses conséquences. A quoi s’attendre concernant la lutte contre le réchauffement climatique ? Et quels sont les indices qui écartent le spectre d’une totale désolidarisation des USA ? Décryptage.


Qu’est-ce qui laisse présager un désengagement des USA en matière de lutte contre le réchauffement climatique ?

En 2012, Donald Trump annonçait : « Le concept de réchauffement climatique a été créé par et pour les Chinois pour rendre l’industrie américaine non-compétitive ». On comprend mieux les craintes des pays participants à la COP22 à l’issue de son élection le 8 novembre dernier, juste 2 jours après le démarrage des discussions.

Pendant sa campagne, le candidat Donald Trump a également promis un retour aux énergies fossiles et l’abandon des énergies vertes (considérées comme trop coûteuses et peu performantes), ce qui contraste avec les avancées du Clean Power Act.

De plus, la simple signature de l’Accord de Paris par Barack Obama sans celle du Congrès semble représenter une faille juridique facile à exploiter. Même si la prise d’effet de la dénonciation pourrait prendre du temps (entre 1 et 4 ans selon les experts), il n’en demeure pas moins que cette porte de sortie pour les USA reste possible.

Quels seraient les impacts locaux et mondiaux d’un retrait des USA de la COP ?

Ce qui est le plus troublant c’est le décalage entre l’ambition du plan présenté justement par les USA lors de la COP22 et les promesses électorales de Donald Trump. Les engagements actuels sont en effet ambitieux : réduction de 80 % des émissions de CO2 d’ici 2050 (vs 2005) et baisse de la consommation primaire de plus de 20 % d’ici 2050.

Les effets collatéraux d’une sortie des USA seraient loin d’être neutres :

    • Un arrêt net des efforts amorcés par les américains.
    • Une contagion aux autres pays (les plus réticents ou les moins conscients des enjeux).
    • Des retombées économiques lourdes pour les Etats-Unis, pour qui le charbon est de moins en moins attractif à la différence des énergies renouvelables, porteuses d’opportunités business.

Une remise en cause globale de l’accord ne serait toutefois pas d’actualité car les 55 % minimum de GES requis à l’entrée ne sont plus obligatoires lors de la vie de l’accord.


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Des indices qui écartent le spectre d’une totale désolidarisation des USA

Un assouplissement de la position de Donald Trump, qui était volontairement extrême pendant sa période de campagne électorale, est envisageable.
De plus, si les USA se retiraient de la carte des acteurs mondiaux, la Chine occuperait naturellement la position de leader compte tenu de la taille du pays et de son degré d’implication à date.

Enfin, les influenceurs ne sont plus uniquement issus du monde politique : ils évoluent dans la sphère économique et citoyenne. Ce qui sauverait le programme serait le boom de l’éolien, du solaire et du photovoltaïque, qui semble bel et bien enclenché sur le sol américain ! Et quand on connaît le rôle majeur de l’opinion publique dans les décisions politiques, on peut espérer un ralliement de Donald Trump à la cause mondiale.

Ce qui pourrait aussi se produire ? Un détachement non formalisé des USA, sans sortie définitive ni sanction, du fait du caractère non contraignant de l’accord…

Des mains tendues vers les USA pour une continuité dans les négociations climatiques…

La Responsable Climat de l’ONU, Patricia Espinosa, a félicité Donald Trump pour sa victoire et a manifesté son envie de collaborer avec son équipe sur le sujet qui la préoccupe. L’exemple d’un autre pays anglophone, le Royaume-Uni, est significatif : malgré la récente fracture du Brexit, il a néanmoins rejoint le club des pays signataires de l’accord et a présenté son plan de sortie du charbon d’ici 2025.

À ce stade, la position des USA reste une inconnue majeure dans l’équation planétaire de la maîtrise du réchauffement climatique. La seule chose certaine est que l’on est sûr de rien ! Les pays membres de la COP ne veulent toutefois pas céder au scepticisme et se sont donné pour objectif de convaincre les USA de rester sur les rails.


Sources :


Pour aller plus loin :


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Emmanuel Blanchet

Publié par Emmanuel Blanchet

Directeur Général chez Deepki.