Cyril Cortina, Vice-président de CGI (société de conseil de 800 consultants), en charge du secteur de l’énergie et des télécommunications, nous a fait part dans une interview exclusive des grands enjeux auxquels sont confrontés les acteurs de l’énergie et les défis à venir.


Pourquoi l’énergie est-elle selon vous un secteur à fort potentiel ?

Parce qu’il est en pleine transformation, entre consolidation de filières industrielles et nouveaux métiers autour de l’agrégation de données, des services d’efficacité énergétique, des effacements… Travailler sur la réorganisation de la chaîne de valeur de l’énergie est simplement passionnant

Quelles sont les évolutions actuelles que vous observez sur le marché de l’énergie ?

Le marché de l’énergie évolue en fonction de deux tendances de fond :

    • la fin d’un système vertical et centralisé de production et de distribution de l’énergie, au profit de sources diversifiées et localisées (citons par exemple l’énergie photovoltaïque qui a l’avantage d’être une ressource alternative, renouvelable, produite et utilisée sur place),
    • une croissance continue des besoins énergétiques mondiaux attendue jusqu’en 2050, en particulier dans les villes qui poussent à accélérer les politiques ou actions d’efficacité énergétique.

A lire également : Secteur de l’énergie en France : faites le plein… de chiffres clés !


Quels sont les défis des acteurs du marché pour aborder cette nouvelle donne ?

Nous sommes arrivés au bout d’un cycle dont les pas de temps sont de plus en plus courts. Un nouveau cycle démarre qui implique une manière de nouvelle de produire et distribuer l’énergie. Les défis sont nombreux.
Citons par exemple :

    • la décentralisation et la multiplication des acteurs de l’énergie conduisant à une déréglementation des tarifs (dont les usagers qui changent de fournisseurs sont les premiers bénéficiaires),
    • le rapprochement géographique inéluctable des zones de production et de consommation, ce qui évite des déperditions d’énergie entre deux lieux éloignés et des délais de livraison plus longs,
    • les investissements dans les sources actuelles d’énergie pour les mutualiser et optimiser leur rendement grâce à la digitalisation. On peut noter la performance des appareils communicants et capteurs intelligents, qui détectent les besoins ou surplus en énergie des bâtiments reliés entre eux et répartissent ainsi à moindres coûts les ressources disponibles.
    • la sécurité informatique, notamment avec la data énergétique collectée auprès des clients finaux, pour comprendre leurs besoins et usages et mesurer leur efficacité énergétique. Elle doit être prise en compte afin de garantir aux usagers le respect de leurs données personnelles et la non divulgation d’informations nominatives liées à leur consommation énergétique.

Quels sont les premiers changements à intégrer ?

Le premier pas est la prise en compte du cadre régulatoire et réglementaire, dont la loi de transition énergétique. Ensuite, vient la transformation numérique et l’exploitation des données, à des fins d’excellence opérationnelle ; c’est la priorité n°1 pour 81 % de nos clients.

Enfin, le consommateur acteur demain pilotera directement son énergie. Le virage technologique, via des plateformes d’échanges de données, des solutions mobiles, permettra d’optimiser les échanges et de valoriser la data, afin d’améliorer la connaissance client ou de créer de nouveaux services pour les énergéticiens.


Pour aller plus loin :


Pour recevoir tous les mois les articles de Datanergy, inscrivez-vous !
Clémence Michel

Publié par Clémence Michel

Digital Marketer chez Deepki.