Les CEE (certificats d’économies d’énergie) semblent retrouver un nouveau souffle grâce à des orientations prises sur la diminution de la précarité énergétique des ménages et sur une ambition politique clairement affichée pour la 4ème période.


Les CEE, des enjeux de taille

Près d’un foyer sur deux se trouve en situation de précarité énergétique. Selon une étude de l’INSEE datant de 2015, cet état de vulnérabilité s’emploie quand un ménage consacre plus de 8 % de ses revenus pour le chauffage et l’eau chaude et plus de 4,5 % pour ses déplacements. Le dispositif des CEE vient s’ajouter aux crédits d’impôts et aux aides des associations de consommateurs. Le traitement de la précarité énergétique est d’autant plus crucial qu’une hausse significative du cours du baril de pétrole est attendue d’ici l’année prochaine.


A lire également : Au fait, c’est quoi les certificats d’économie d’énergie ?


Ségolène Royal a donné le ton pour la période de 2018 à 2020 en fixant les objectifs à 1600 TWh cumac. Un quart d’entre eux (soit 400 TWh cumac) devraient être dédiés à la lutte contre la précarité énergétique. Le décret devrait être publié début 2017 pour formaliser cette décision et détailler sa mise en oeuvre. À titre de comparaison, les montants de la troisième période s’élevaient à environ 700 TWh cumac.


A lire également : CEE : 10 ans après, on en est où ?


Les professionnels du secteur de l’énergie sont très favorables à cette prise de position car plus de certificats délivrés et achetés conduiront à plus de chantiers de rénovation énergétique. Les obligés, qui sont les plus grands fournisseurs d’énergie (gaz, fioul, électricité…) ont plutôt bien accueilli cette annonce car elle leur fournit d’ores et déjà de la visibilité sur l’ampleur de leur future contribution.

Cependant, certaines inconnues persistent :

  • La volonté politique de poursuivre cette tendance en cas d’alternance lors des prochaines élections présidentielles françaises.
  • La vitesse à laquelle ces nouvelles mesures seront adoptées (en cas de continuité).
  • Le doute suite à l’élection de Donald Trump, qui pourrait nuire à l’élan mondial en faveur d’une meilleure efficacité énergétique.

    A lire également : Donald Trump : Quel impact sur les négociations climatiques ?


L’accélération du dispositif des CEE pourrait faciliter la réduction de la dépendance énergétique et répondre à l’enjeu sociétal de baisse de la facture énergétique. Elle sera néanmoins tributaire de prochaines décisions et priorités politiques. Affaire à suivre.


Pour aller plus loin :


Pour recevoir tous les mois les articles de Datanergy, inscrivez-vous !
Jenny Dujeux

Publié par Jenny Dujeux

Ingénieure Efficacité Energétique chez Deepki.