Vincent Bryant, Président de Deepki, nous livre sa vision de l’International Performance Measurement and Verification Protocol (IPMVP) qu’il a eu l’occasion d’éprouver auprès de clients à la recherche de la mesure d’économies. Convaincu de l’apport vertueux de la démarche, il partage avec nous son expérience et les modalités d’une mise en place optimale.


Dans quels cas préconisez-vous la méthode IPMVP ?

VB : « l’IPMVP ne s’applique pas indifféremment ou de manière unique à toutes les entreprises. Il requiert que la structure ait au préalable amorcé une démarche d’économies d’énergie, d’eau ou de CO2. Le protocole intervient en aval pour prouver une amélioration en comparant l’état des consommations de la période observée avec celui de la période historique. La méthode IPMVP prend soin de lister dans le calcul tous les facteurs exceptionnels (ou biais statistiques) susceptibles de faire varier les données (ex : variations climatiques). Il faut d’ailleurs garder en tête que l’on ne mesure pas l’économie d’énergie directement en lisant les consommations sur un compteur. De plus, le professionnel qui intervient pour le mettre en œuvre doit être reconnu et accrédité par l’organisme international EVO, qui fait la promotion du protocole ».

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Dans quelle démarche s’inscrivait l’IPMVP pour vos clients ?

VB : « Les clients qui nous ont sollicités avaient pour objectif de valoriser leurs efforts en matière d’efficience énergétique. Le premier était une entreprise de logistique qui avait remplacé dans son entrepôt tous ses tubes fluorescents au plafond par des éclairages LED (haut rendement). La mission a consisté à s’approcher de la mesure du gain en suivant le protocole IPMVP. Le second était une tour à la Défense qui souhaitait estimer l’amélioration de ses dépenses énergétiques, en intégrant tous les paramètres rentrant en ligne de compte dans le calcul : chauffage, ventilation, climatisation, éclairage, restauration collective… Enfin, nous avions été sollicités par une ville de PACA dans le cadre d’un CPE* pour réaliser des économies d’énergie dans les écoles publiques de la ville, avec un suivi basé sur la méthode IPMVP».

Quels bénéfices ont-ils tiré de l’IPMVP ?

VB : « Celui évoluant du secteur de la logistique est parvenu à réaliser entre 25 % et 30%  d’économies sur l’éclairage, correspondant à un R.O.I (Return On Investment) de moins de 3 ans. Le second de l’immobilier tertiaire qui visait des économies de 30 % a pu constater sur ce projet une rentabilité retrouvée au bout de 4 ans. L’IPMVP permet donc de valoriser et d’encourager les efforts entrepris en fournissant des indicateurs chiffrés ».

Quelles sont les difficultés rencontrées ou observées sur le terrain ?

VB : « Les freins relevés sont de plusieurs natures :

    • Le coût additionnel de la méthode IPMVP (qui ne se justifie que dans un projet vaste, à forts enjeux d’économies potentielles, afin de compenser dans le temps le coût des études),
    • Le manque d’accessibilité des données (qui peut s’avérer problématique pour couvrir tout le périmètre, du fait de l’indisponibilité de certaines données ou du délai de récupération de celles-ci),
    • La marge d’erreur dans le calcul de l’évolution de l’efficience énergétique. L’IPMVP ne constitue donc pas une preuve absolue. Et ne nous trompons pas : l’IPMVP ne permet pas de réaliser des économies mais les calcule et les rend lisibles, ce qui en soi est déjà beaucoup » !

L’IPMVP est une référence pour estimer les économies d’énergie, d’eau ou de CO2 réalisée, mais, en raison de son coût et des données à collecter, elle n’est pas adaptée à des approches multi-sites. Pour les parcs de bâtiments, il faut donc trouver d’autres outils, comme les statistiques modernes.

*CPE : Contrat de Performance Énergétique

Pour aller plus loin :

Clémence Michel

Publié par Clémence Michel

Digital Marketer chez Deepki.