Nicolas Hulot a été nommé ministre d’Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire le 17 mai dernier. Parmi les dossiers majeurs qui l’attendent figure l’application de la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte. Mais au fait, quelle est la position du nouveau ministre par rapport à ce texte majeur publié en août 2015 ?


Loi de transition énergétique : des objectifs ambitieux mais des moyens pas à la hauteur

En juillet 2014, lors de la présentation du texte au Conseil des Ministres par Ségolène Royal, Nicolas Hulot s’était prononcé en faveur des objectifs visés mais avait dénoncé des moyens pas à la hauteur des ambitions affichées notamment en termes de financements.

Autre point de désaccord, le nucléaire. L’ancien animateur pointait une certaine ambiguité de la loi sur le sujet : selon lui, l’objectif de diviser par deux des consommations énergétiques et de développer les énergies renouvelables n’est pas conciliable avec la conservation de la puissance du parc à son niveau actuel soit 63,2 GW.

« Pour répondre aux enjeux climatiques, il n’y pas 36 000 solutions… »

Nicolas Hulot qui, rappelons-le, était alors envoyé spécial du Président de la République pour la protection de la planète, estimait que  « pour répondre aux enjeux climatiques, il n’y a pas trente-six mille solutions, il faut sortir de l’économie carbonée et réviser fondamentalement notre modèle énergétique. Si on considère que l’efficacité énergétique est le premier facteur de compétitivité des entreprises, si on veut leur donner un peu d’air dans une économie malmenée, il ne faudra pas y aller avec le dos de la cuillère. » (cf. Libération du 9.09.2014)


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Ainsi, pour améliorer le texte, sa fondation (FNH) avait présenté 35 mesures qui reprenaient notamment les questions de financement et de fiscalité mais aussi l’idée de fixer un objectif intermédiaire de réduction de la consommation finale d’énergie à l’horizon 2030. Car pour l’ONG, un objectif à 2050 risquait de ne pas générer une dynamique immédiate et surtout de donner le sentiment qu’il n’y a pas d’urgence…

Un quinquennat marqué par la mise en œuvre des objectifs de réduction énergétique

Le précédent quinquennat a été marqué par l’adoption de la loi de transition énergétique et de nouveaux objectifs européens sur le climat. Celui qui commence devrait être celui de la mise en œuvre de ces objectifs et, nous l’espérons, des premiers résultats.  Au programme notamment, la révision dès 2018 de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) qui devra se traduire par des décisions importantes (réduction de moitié de la demande énergétique, augmentation de la part des énergies renouvelables, révision du dimensionnement du parc nucléaire).

Dans le secteur immobilier, la récente parution du « décret tertiaire » après 5 ans d’attente (cf Le décret tertiaire ou l’arlésienne du secteur immobilier) laisse envisager une mobilisation de nombreux acteurs sur la thématique de la performance énergétique. Néanmoins, l’arrêté est toujours attendu pour préciser les modalités d’application . La nouvelle administration en place permettra-t-elle une parution rapide du texte de loi ou devra-t-on attendre encore 5 ans pour que l’obligation de d’amélioration de la performance énergétique des bâtiments tertiaires voit le jour ?

Nicolas Hulot, figure mythique de l’écologie en France, porte l’espoir d’une forte mobilisation en faveur de la transition énergétique. Pour reprendre ses mots, nous espérons qu’il « n’ira avec le dos de la cuillère » et que les actes suivront rapidement les paroles.

Nicolas Hulot en bref

Né le 30 avril 1955, Nicolas Hulot a été journaliste-reporter, animateur-producteur de télévision et écrivain. En 1990, il crée la Fondation Ushuaïa, devenue depuis Fondation pour la Nature et l’Homme (FNH), pour « informer le public de l’état de la planète et convaincre le plus grand nombre de la nécessité de changer de comportement ». En 2002, il conseille Jacques Chirac sur les questions environnementales. En 2005, il appelle les parlementaires à voter en faveur de la Charte de l’Environnement et lance le ‘Défi pour la Terre’ qui fédère plus de 850 000 personnes. Fin 2006, il propose un Pacte écologique aux candidats à la présidentielle pour les inciter à mettre les enjeux écologiques au cœur de l’action publique. En 2007, il contribue à la mise en œuvre du Grenelle de l’Environnement. Il crée ensuite, au sein de FNH, un laboratoire d’idées innovantes et un laboratoire d’actions pour la transition écologique de nos sociétés. Fin 2012, il est nommé « envoyé spécial du président de la République pour la protection de la planète », en amont de la COP21 de 2015 à Paris. Le 17 mai 2017, il est nommé ministre d’Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire dans le gouvernement d’Edouard Philippe.

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Clémence Michel

Publié par Clémence Michel

Digital Marketer chez Deepki.