Entre la France et l’Allemagne, deux « visions » de la transition énergétique s’affrontent. Laquelle s’en sort le mieux ? De quoi sont faites les conceptions allemandes et françaises de cette « révolution énergétique » ? Datanergy fait le point !


L’Allemagne, plus grande pollueuse d’Europe

L’Allemagne consomme, en moyenne, 1,5 fois plus d’énergie que la France. Certes, il y a plus d’habitants chez nos voisins d’outre-Rhin, mais il n’empêche : la consommation par habitant reste supérieure.

Conséquence ? La création de richesse y nécessite plus d’énergie, notamment parce que l’Allemagne compte plus d’industries que la France. Elles représentent en effet 29 % de la consommation énergétique, contre 20 % à l’intérieur de nos frontières. Si l’on ajoute à cela le fait que l’Allemagne produit plus d’énergie fossile que la France, le constat est clair : le pays dirigé par Angela Merkel reste le plus grand pollueur d’Europe.

De ce fait, l’Allemagne n’a d’autre choix que de réussir sa transition énergétique. Entre 2008 et 2014, plusieurs programmes de transition énergétique ont été créés. Une loi sur les énergies renouvelables a été promulguée, permettant une baisse de la consommation d’énergie de plus de 8%.

Il faut dire que les objectifs (réduire de 80 % à 95 % la consommation d’énergie par rapport à 1990, augmenter la part des énergies renouvelables dans l’apport énergétique à 80 % pour l’électricité, et à 60 % de la consommation totale…) du gouvernement allemand sont ambitieux. Ce dernier s’appuie notamment sur deux axes forts :

      • Les consommateurs. Pas de transition énergétique réussie sans une bonne information / sensibilisation du public ! C’est une différence « philosophique » avec la France, où l’on incite moins à baisser ses consommations qu’à rénover l’existant grâce à des subventions publiques. Le credo allemand ? « Consommez moins, et tout ira bien » !
      • La recherche et développement de nouveaux concepts en énergie renouvelable. L’Allemagne consacre ainsi 800 millions d’euros en R&D, ce qui explique sans doute ses performances en la matière !
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En France, transition énergétique VS nucléaire

La loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique met en place beaucoup de mesures pour accélérer la transition, et une grosse partie d’entre elles concernent le bâtiment. Les particuliers sont invités par de nombreuses aides à effectuer des travaux de rénovation dans leur habitation, tandis que les entreprises sont de plus en plus montrées du doigt pour leurs mauvais résultats.

Toutefois, l’identité française se pense encore difficilement sans le symbole de l’industrie nucléaire. En effet, étant produite sur tout le territoire, l’énergie nucléaire nous permet d’éviter un problème très coûteux en Allemagne, à savoir les écarts de production électrique à rééquilibrer entre le Nord et le Sud (énergie éolienne contre photovoltaïque).

De plus, la transition énergétique implique un potentiel effet néfaste sur la croissance économique : une France embourbée dans l’approche historique des monopoles nationaux de l’énergie, la décentralisation difficile des compétences à l’échelle locale, et les moyens financiers qui paraissent encore trop faibles, sont autant d’obstacles à franchir.

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Les obstacles à la transition énergétique

Si la situation s’améliore continuellement, la transition énergétique n’est pas encore vraiment une réalité, en France comme en Allemagne. Et ce pour plusieurs raisons.

En France tout d’abord, la principale limite à la transition énergétique ne se retrouve pas dans la problématique des coûts des énergies renouvelables, mais plutôt dans leur développement. Notre attachement au nucléaire donne la priorité à la rénovation de l’existant plus qu’à la création de nouvelles sources énergétiques. Cela se ressent, par exemple, au niveau du biométhane. Il représente 25 % de la production d’énergie renouvelable chez nos voisins (qui ont même d’immenses champs de culture consacrés à cette source énergétique !), contre une part infime en France, qui prévalue l’alimentation humaine, animale et pharmaceutique. Pourtant, le potentiel de production français est fort, si on considère que les agriculteurs sont prêts à s’associer, organiser leur production et à se connecter aux stations d’épuration. Il n’y a qu’un pas vers l’innovation…!

En Allemagne, les coûts représentent un obstacle incontournable. Et ce sont les usagers qui payent les factures ! L’explication ? La très forte augmentation de production éolienne et de champs solaires a entraîné une forte augmentation des coûts de l’énergie. Résultat ? En 2017, l’euro du MWh est à 290 en Allemagne, contre 130 en France.

Ce sont bien deux visions des dernières lois européennes qui se font concurrence entre la France et l’Allemagne. Or, le couple franco-allemand pourrait être le moteur de l’évolution énergétique en Europe. L’Union européenne s’affiche pour l’instant comme le meilleur élève en ayant déjà atteint l’objectif d’une hausse de l’efficacité énergétique fixé à 20% pour 2020. Toutefois le chemin est encore long et l’entente sur la démarche à adopter ne semble pas se dessiner à court terme.