À l’heure où les collectivités territoriales cherchent des solutions pour un avenir moins énergivore, il est essentiel de se pencher sur la consommation d’énergie dans le parc immobilier public afin d’augmenter leur efficacité énergétique. Quelles actions peut-on envisager pour économiser les ressources dans ces bâtiments ? État des lieux de la situation dans les collectivités territoriales et focus sur quelques recommandations clés pour améliorer la performance énergétique dans les établissements publics.

Typologie des sites et consommation d’énergie dans les collectivités territoriales

1) Consommation énergétique globale des bâtiments publics

Sur un échantillon de 1 331 constructions appartenant à trois collectivités situées en Île-de-France, la consommation moyenne annuelle par bâtiment est de 50 MWh – avec une médiane de seulement 12 MWh. C’est la grande diversité des bâtiments gérés au sein des parcs immobiliers qui explique cette différence importante entre la moyenne et la médiane. En euros, les factures s’échelonnent de 1 400 à 6 000 € / bâtiment / an.

2) Répartition des sites par type d’activité

    • Établissements d’accueil de l’enfance (22 %) : crèches, écoles maternelles ;
    • Structures d’enseignement (20 %) : collèges, lycées, centres de formation ;
    • Sites dédiés aux réseaux et services (17 %) : logements de fonction, barrières automatiques, mobilier urbain…
    • Espaces verts (16 %) et bâtiments d’administration (8 %) ;
    • Équipements sportifs ou culturels, centres de vacances

ceci représente la consommation par site pour les collectivités territoriales

ceci représente la répartition de la consommation par typologie de bâtiments des collectivités territoriales

3) Consommation et dépenses d’énergie par type de site

ceci est un graphique de la consommation par surface des collectivités territoriales

Les services et espaces verts, qui représentent 1/3 des bâtiments du parc immobilier, sont naturellement les moins énergivores. Les bâtiments qui consomment le plus d’énergie sont, a contrario, les moins nombreux : équipements sportifs, centres de vacances, bâtiments d’accueil des personnes âgées et sites culturels.

ceci est un graphique représentant la consommation d'eau des collectivités territoriales

Si l’on considère les factures totales annuelles de chaque catégorie de bâtiment, les niveaux de dépenses sont globalement équivalents. Cependant, le secteur de l’enfance réussit à limiter le montant de ses factures d’énergie en ayant recours au gaz naturel pour le chauffage des locaux.

4) Consommation énergétique en fonction de la surface

ceci est un graphique sur la consommation totale d'eau par typologie de site

Les sites les plus énergivores correspondent aussi aux bâtiments de plus grande surface. Deux exceptions cependant : les bâtiments d’administration et les sites culturels, dont les rénovations récentes limitent la facture énergétique.

5) Consommation d’eau par type de bâtiment

ceci est un graphique sur la consommation totale d'eau par typologie de site

Avec des consommations d’eau allant de 100 à 15 000 m3 par an (soient des dépenses annuelles de 450 à 7 000 euros), l’administration, l’enseignement et le sport sont les mauvais élèves de la classe.

Comment expliquer la surconsommation d’eau ?
Un faible suivi des contrats de fourniture d’eau et l’état vétuste des installations générant des fuites nombreuses, souvent détectées tardivement.

Les collectivités territoriales ne sont pas les seules à vouloir prendre des mesures de régulation énergétique : découvrez les bonnes pratiques énergétiques du secteur bancaire

3 mesures pour améliorer l’efficacité énergétique dans les collectivités locales

On estime à 7% de la consommation totale du parc sur une année les gains moyens réalisables, grâce à :

    • des opérations de régulation, par la mise en place, par exemple, d’une horloge sur les convecteurs et la diminution de la température des ballons d’eau chaude à 60 °C dans les mairies (seuil minimal pour éviter les risques de légionellose). Un gain est possible en 6 mois à peine avec un faible investissement !
    • une remise à niveau des besoins, par l’installation d’un thermostat sur les chaudières des gymnases, afin de réduire la température de consigne en dehors des horaires d’ouverture. Le ROI attendu est immédiat pour un investissement réduit, sans perte de confort des usagers ;
    • des actions d’optimisation tarifaire, comme le fait de passer de 78 à 65 kVA sur le compteur général d’une école primaire pour un gain minimal – mais réel.

La consommation énergétique du secteur des collectivités locales passée au crible :

Pour optimiser l’efficacité énergétique des bâtiments publics gérés par les collectivités territoriales, les économies les plus faciles à réaliser tournent autour des actions de régulation horaire sur les équipements de chauffage et d’éclairage, mais aussi sur la réduction des consommations d’eau inutiles. Des gisements d’économies peuvent être trouvés plus facilement dans les collectivités en cherchant d’abord l’efficacité énergétique plutôt qu’en raisonnant de manière purement budgétaire.

Jenny Dujeux

Publié par Jenny Dujeux

Ingénieure Efficacité Energétique chez Deepki.