Le GRESB (Global Real Estate Sustainability Benchmark) vient de sortir son tout dernier benchmark sur l’état actuel de la performance ESG (Environnement, Social, Gouvernance) des actifs réels à l’échelle mondiale. L’occasion de suivre les progrès réalisés depuis un an par rapport aux objectifs de développement durable fixés. Quelles sont les nouveautés de ce rapport 2019 ? Comment se positionne la France dans le benchmark ? Que faut-il en retenir ? Datanergy a décrypté le rapport pour vous !

Champ de l’étude

Un peu plus de 1 000 sociétés immobilières, foncières cotées, fonds et promoteurs immobiliers ont participé à l’étude du GRESB cette année, soit une augmentation de 12% de la participation par rapport à l’année dernière. Les participants représentent plus de 100 000 actifs immobiliers et une valeur brute d’actif de 1,4 billions de dollars. Au total, 64 pays sur les cinq continents ont participé à cette étude.

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La prise en compte croissante des ODD (Objectifs de Développement Durable) dans le secteur immobilier

Rappel sur les ODD
Les 17 objectifs de développement durable (ODD) fixés par les Nations Unies sont les priorités pour un développement socialement équitable. Ils concernent la lutte contre la pauvreté et la faim, l’accès à l’éducation, le travail décent, la réduction des inégalités, la lutte contre le changement climatique…

Les ODD sont de plus en plus reconnus par les membres du GRESB, si bien qu’ils sont devenus un point de référence pour mesurer l’impact des investissements. Dans le cadre de ce dernier benchmark, le GRESB a analysé quels sont les ODD les plus fréquemment abordés dans les rapports publics des participants. Les voici :

    • Bonne santé et bien-être ; 
    • Égalité des sexes ; 
    • Eau propre et assainissement ;
    • Énergie propre et d’un coût abordable ;
    • Travail décent et croissance économique ; 
    • Industrie, innovation et infrastructures ;
    • Villes et communautés durables ;
    • Consommation et production responsables ;
    • Mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques ; 
    • Partenariats pour la réalisation des objectifs.

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Les aspects de durabilité notés par le GRESB

L’évaluation du GRESB dans le benchmark met en avant 7 aspects sur la durabilité :

    • Gouvernance

Les participants intègrent pour la plupart les critères ESG dans leur stratégie et utilisent une partie tierce pour vérifier leurs engagements. Par ailleurs, la quasi-totalité des participants a un groupe de travail dédié à ce sujet.

    • Politique et divulgation :

Les participants au benchmark surveillent de plus en plus la diversité des organes de gouvernance et des employés. Le ratio femmes/hommes est la mesure de la diversité la plus couramment suivie dans toutes les régions du monde. Néanmoins, les résultats varient selon les continents. On note une constante amélioration de la divulgation des données ESG : 97 % des participants ont fait état de leurs actions et/ou de leur rendement en 2019.

    • Risques et opportunités

Cette année encore, le nombre d’adoption de politique contre le travail forcé et le travail des enfants a augmenté pour une troisième année consécutive.

    • Monitoring et système d’Energy Management

Méthodes d'energy management d'après le rapport du GRESB 2019

Source : 2019 Real Estate Results, GRESB

Les graphiques ci-dessus montrent les méthodes utilisées en termes d’Energy Management. Grâce aux compteurs intelligents, il est possible d’obtenir les relevés des compteurs instantanément. Plus besoin d’intervention manuelle et les économies d’énergies peuvent s’avérer importantes. Un grand nombre d’entités opte pour cette méthode, l’Automatic Meter Readings. L’industrie immobilière réalise peu à peu l’intérêt des données publiques fiables et est prête à investir dans une technologie qui en facilite l’accès.

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D’autres méthodes, moins fiables et plus sujettes à l’erreur sont aussi usitées. Elles comprennent la collaboration avec les fournisseurs ou les locataires. L’accès aux données sur la consommation des locataires demeure l’un des plus grands défis de l’industrie immobilière. Dans de nombreux marchés, les locataires n’ont aucune obligation légale de partager ces données avec leurs propriétaires. Par conséquent, dans de nombreux cas, le partage des données de consommation des locataires est convenu par le biais de clauses spécifiques incluses dans les contrats de location (communément appelés “baux verts“).

    • Indicateurs de performance

Afin de permettre aux investisseurs de bien comprendre l’impact environnemental de leur investissement immobilier, les gestionnaires doivent faire un rapport sur l’ensemble de l’immeuble, y compris les parties communes et privatives. Les résultats du GRESB montrent que la couverture complète des données pour les indicateurs de performance environnementale demeure un défi pour les participants.

    • Certifications de bâtiments

Seul 8,8% de la surface de plancher totale représentée par les 100 000 actifs couverts par le benchmark GRESB 2019 est certifiée au moment de la construction et 15,8 % au moment de l’exploitation. Ces chiffres restent faibles, on note néanmoins une forte disparité entre les secteurs : les hôtels et les bureaux sont loin en tête.

    • Engagement des parties prenantes

Cette section concerne notamment l’amélioration en matière de formation à la sécurité sur les questions sociales. La formation en sécurité des employés a augmenté de 12 %, celle en sécurité des clients/locataires de 10 % et celle en sécurité communautaire de 8 %.

Au total, à l’exception de l’indicateur de gouvernance qui a stagné, tous les autres critères ont augmenté depuis le dernier rapport.

La priorité au confort et à la santé dans le bâtiment

Au cours des dernières années, les grandes sociétés immobilières ont commencé à considérer la santé et le bien-être comme un moyen de se différencier de la concurrence mais aussi comme un domaine de réduction des risques potentiels et de création de valeur. Les grandes entreprises ont structuré leurs programmes de santé et de bien-être de manière à couvrir les employés, les locataires, les collectivités et les chaînes d’approvisionnement.

La France dans tout ça ?

Classement mondial du rapport du GRESB 2019

Source : 2019 Real Estate Results, GRESB

Comme le montre le graphique ci-dessus, la France obtient le meilleur score de cette dernière étude du GRESB. Cela est dû à l’article 173 de la Loi relative à la Transition Énergétique et à la Croissance verte qui oblige les entreprises à reporter leur performance ESG.

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Ce qu’il faut retenir de cette dernière étude

La transparence sur la performance ESG augmente cette année encore : le score du secteur immobilier mondial s’est encore amélioré, passant de 68,4 en 2018 à 72,0 en 2019. La répartition régionale montre que l’Océanie reste en tête du classement mondial. L’Asie, l’Europe et l’Amérique ont des résultats assez proches, tandis que l’Afrique reste encore loin derrière. L’Europe continue de bâtir sur ses acquis pour la transparence avec le plus grand nombre d’entités participant à l’indice de référence du GRESB. Enfin, le secteur de l’immobilier asiatique affiche la croissance la plus rapide d’une année sur l’autre.

Le dernier benchmark du GRESB sur le respect des critères ESG dans l’immobilier montre encore une fois la prise en compte croissante de la durabilité, pour l’humain et pour la planète. Les entités françaises relatent bien plus leur performance ESG que les autres pays, les classant en haut du palmarès.

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Jeanne Laporte

Publié par Jeanne Laporte