Dans un soucis de performance environnementale et d’avantage concurrentiel, les entreprises sont confrontées à un grand nombre de réglementations les poussant à réduire leurs consommations énergétiques et émissions de Gaz à Effet de Serre (GES). Avec en moyenne 3,9 Teq CO₂/m² émis en 50 ans, les bâtiments de bureau sont des acteurs majeurs en ce qui concerne le poids carbone. L’OID (Observatoire de l’Immobilier Durable) a récemment publié une étude à ce sujet afin de démontrer l’impact de ces structures tout au long de leur cycle de vie. Quel est l’impact des bâtiments de bureaux sur le poids carbone ? Quelles sont les réglementations à ce sujet ? Comment réduire ses consommations énergétiques ? Datanergy a décrypté l’étude afin de vous apporter des réponses !

Un bilan carbone de plus en plus important, donc de plus en plus réglementé

Avec un bilan carbone à la hausse, on dénote de la part de l’État une réelle volonté de réduire les consommations et donc les émissions de Gaz à Effet de Serre. Pour ce faire, de nombreuses lois et réglementations ont été – et seront prochainement – mises en place.

On retrouve par exemple :

    • la Loi ELAN, qui vise à réduire les consommations énergétiques de 60% par rapport à 2010 d’ici 2050,
    • le Décret Tertiaire, qui vise l’amélioration de la performance énergétique du parc tertiaire,
    • le Bilan carbone, qui oblige les entreprises à comptabiliser les émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) directes ou indirectes dans leur démarche RSE.

Les chiffres clés du poids carbone du secteur du bâtiment

Face à ces chiffres alarmants, l’OID a réalisé une étude en 2019 afin de mettre l’accent sur le réel poids carbone du bâtiment, et plus particulièrement celui des bâtiments de bureaux.

Pour rappel, qu’est-ce-que l’OID ?

L’OID est une association indépendante dédiée à l’immobilier durable. Elle est composée de professionnels privés et publics du secteur de l’immobilier. Le périmètre d’action de l’OID concerne la transition énergétique, la finance responsable ainsi que l’innovation et la digitalisation immobilière.

Découvrez en quelques chiffres le rôle du secteur du bâtiment de bureaux en matière de consommation d’énergie :

    • Le secteur du bâtiment représente à lui seul un peu plus de 26% des émissions de GES du pays,
    • pour la phase de construction d’un bâtiment de bureaux, ce ne sont pas moins de 900 kg eq CO₂/m² qui sont émis, ce qui équivaut à environ 190 allers-retours Paris-Bordeaux en train,
    • un rafraîchissement des bureaux requiert en moyenne 35 kg eq CO₂/m², soit l’équivalent de la production de CO₂ par un Homme au cours d’une année complète,
    • entre chacune des phases de rénovation des locaux, il faut compter en général 9 années.

Pour compléter ces chiffres, découvrez ci-dessous la répartition du poids carbone d’un bâtiment de bureaux durant les différentes phases de son cycle de vie :

répartition du poids carbone pour les bâtiments de bureaux

Source : Étude de l’OID “Le poids carbone réel d’un bâtiment de bureaux tout au long de son cycle de vie”

On remarque que la phase d’exploitation est responsable de 1,6 teqCO₂/m² tandis que la phase de travaux représente 2,3 teqCO₂/m². La phase d’exploitation comprend la totalité des consommations énergétiques (0,7 teqCO₂/m²) ainsi que les services au bâtiment (0,9 teqCO₂/m²). La phase de travaux comprend quant à elle la construction (0,9 teqCO₂/m²), les rénovations (0,75 teqCO₂/m²), les restructurations (0,5 teqCO₂/m²) ainsi que les éventuels rafraîchissements (0,2 teqCO₂/m²).

Pour réaliser cette étude, l’OID a tenu compte du poids carbone des services indispensables au bon fonctionnement du bâtiment, à savoir la propreté et le traitement des déchets ainsi que la maintenance du bâtiment et des équipements.

Comment réduire son poids carbone ?

Il est de nos jours encore très compliqué pour les entreprises du secteur immobilier d’avoir une vision précise concernant leurs consommations énergétiques et émissions de Gaz à Effet de Serre. Cela s’explique par le fait que les informations sont partagées entre différents services au sein de l’entreprise et les données se trouvent donc éparpillées.

En termes de méthodologie, des étapes bien précises sont à respecter : 

Dans un premier temps, il est indispensable de collecter vos données déjà existantes, elles représentent une véritable mine d’or. Il est par la suite nécéssaire de les fiabiliser afin d’obtenir une vision globale de votre parc immobilier. Cette étape permet de connaître avec précision le niveau de consommation globale du parc ainsi que la consommation à l’échelle de chacun des bâtiments.

meme sur la forte présence des data

Une fois toutes les données collectées et fiabilisées, il est préconisé de les analyser et de les croiser pour détecter les bons et mauvais élèves du parc.
Grâce aux étapes précédentes, il est désormais possible de déterminer quels sont les bâtiments présentant une consommation anormalement élevée. Une fois ces dérives de consommation détectées, il est primordial de proposer un plan d’action correctif priorisé en fonction de leur facilité de mise en oeuvre et divers autres critères comme le retour sur investissement.

Finalement, l’étape du suivi des actions permet de comparer le niveau de consommation avant et après la mise en place d’actions correctives. À partir d’une analyse des courbes de charge, on peut par exemple estimer les gains sur des équipements restés allumés pendant la nuit ou le week-end.

En général, concernant les bâtiments de bureaux, les actions à mettre en place pour améliorer sa performance énergétique sont les suivantes :

      • l’amélioration de ses installations, par exemple en adaptant ses besoins en énergie dans chaque bâtiment plutôt que dans un ensemble immobilier,
      • la diminution de la puissance de crête, c’est-à-dire réduire la puissance atteinte en journée lorsqu’elle est trop importante en décalant l’heure d’allumage de certains équipements par exemple,
      • la révision des lois horaires, qui consiste à augmenter la température de consigne en été et de la réduire en hiver afin de limiter la climatisation et le chauffage,
      • l’optimisation tarifaire, pour réduire les puissances souscrites qui peuvent être inadaptées,
      • le renouvellement des équipements, quand ces derniers sont obsolètes.

Le rapport de l’OID met en évidence une prise de conscience généralisée, cependant le niveau de consommation énergétique et les émissions de Gaz à Effet de Serre sont encore bien trop élevés.
Vous souhaitez engager votre transition énergétique ? Découvrez comment réduire efficacement vos consommations et émissions de GES dans notre minibook “Les 4 étapes pour accélérer la transition énergétique grâce à la data”.

Anissa Meziane

Publié par Anissa Meziane