L’open data ou la “donnée ouverte” est un mouvement de fond qui considère l’information publique comme un bien commun et qui participe activement à la digitalisation de l’immobilier. Mais qu’est-ce que l’ouverture des données implique pour l’immobilier ? Comment créer de la valeur pour votre business à partir de ces nouvelles ressources ? Comment participent-elles à la meilleure connaissance de votre parc immobilier ? Datanergy vous présente 3 use cases concrets pour lesquels la donnée ouverte est indispensable.

Définition et histoire de l’open data

L’objectif de l’open data est de favoriser l’ouverture et la transparence de plus en plus grande des données publiques et d’accroître leur disponibilité. D’abord source d’incompréhension, le mouvement de l’open data s’est progressivement structuré en France notamment à travers la mission Etalab qui coordonne aujourd’hui les actions des administrations de l’État et leur apporte son appui pour faciliter la diffusion et la réutilisation de leurs informations publiques. Ainsi, le service public de la donnée créé par l’Article 14 de la loi pour une République numérique a libéré neuf jeux de données qui couvrent un large champ thématique parmi lesquels :

    • La Base Sirene des Entreprises et de leurs Établissements de l’INSEE ;
    • Le Référentiel à Grande Echelle (RGE) de l’IGN ;
    • La Base Adresse Nationale (BAN) ;
    • Le Plan Cadastral Informatisé (PCI).

Dernièrement c’est la base DVF (demandes de valeurs foncières) qui a été ouverte par la DGFIP (Direction Générale des Finances Publiques) et qui permet notamment de connaître le prix de vente et la date de transaction d’un bien bâti (appartements et maisons) ou non bâti (parcelles et exploitations) ainsi que son descriptif (type de bien, nombre de pièces, surface…).

La grande majorité de ces données est fiable et facilement accessible grâce à des API (Application Programming Interface).

Qu’est-ce qu’une API ?

Une interface de programmation applicative (API) est un canal de communication entre deux systèmes d’information. Les API servent à collecter la donnée de manière automatisée.

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On le voit, le champ des possibles est donc très vaste et l’open data a un rôle important à jouer pour :

    • Optimiser l’efficacité de l’action publique ;
    • Améliorer la transparence et la concertation ;
    • Offrir des ressources nouvelles pour l’innovation sociale et économique ;
    • Développer des services et applications qui utilisent les données ouvertes.

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Open data & immobilier : 3 cas d’usage concrets pour mieux s’y retrouver

Il est très facile de se perdre dans la multitude des données disponibles en open data. Heureusement, une clé de lecture par échelle permet de s’y retrouver et d’envisager les applications potentielles pour le secteur de l’immobilier :

Use Case #1 Mieux connaître mon parc immobilier grâce à l’open data

Les acteurs qui souhaitent engager une démarche d’économie d’énergie disposent parfois de bases de données incomplètes et peu fiables. Comment mettre en place une démarche d’energy management efficace sans vision claire de son parc ?
La première étape est donc souvent de comprendre précisément quel est son parc immobilier et pour cela l’open data nous est d’un grand secours. En effet, à l’aide d’une simple adresse, elle permet d’agréger un certain nombre de données à l’échelle du bâtiment :

    • Photographie du bâtiment ;
    • Période de construction ;
    • Surface au sol et hauteur du bâtiment ;
    • Matériau des murs et superficie vitrée ;
    • Exposition ;
    • Cadastre.

Ces informations viennent consolider et fiabiliser la base de données patrimoniales initiale et permettent, in fine, de mieux connaître son parc immobilier.

Use Case #2 Mieux connaître mon territoire grâce aux données ouvertes

L’open data permet également de mieux connaître le territoire dans lequel s’inscrivent mes bâtiments. Au-delà de la proximité des transports en commun on peut identifier les principaux risques technologiques et environnementaux et savoir, par exemple, si mon bâtiment se trouve à proximité d’une zone Seveso (présentant des risques d’accidents majeurs) ou s’il est soumis aux risques inondations. La plupart de ces données sont géolocalisées et peuvent donc être facilement visualisables depuis une carte :

    • Les caractéristiques socio-démographiques des populations qui y vivent ;
    • Les contraintes d’urbanisme (servitudes, droit à construire…) ;
    • L’offre commerciale et de services ;
    • La proximité des transports en commun ;
    • Etc.

Use Case #3 Open data et benchmark

Avec une base patrimoniale enrichie de nombreuses données disponibles au sein de l’open data, il devient possible de benchmarker les consommations énergétiques de ses bâtiments. Ainsi, on peut déterminer un modèle de consommation par typologie (agences bancaires, écoles, bureaux…) qui permet de se comparer à ses pairs. Par exemple, une commune peut comparer la consommation de son patrimoine public avec des communes aux caractéristiques similaires (superficie, nombre d’habitants, nombre d’équipements, climat etc.) et ainsi créer une émulation positive entre les acteurs de la transition énergétique.

En croisant ces données avec l’ensemble des données énergétiques, il devient possible de faire le point sur les consommations de chaque bâtiment afin de pouvoir repérer les “mauvais élèves” du parc. Une fois les bâtiments trop énergivores identifiés, il s’agira de mettre en place des plans d’action correctifs afin d’améliorer leur performance énergétique.

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L’open data est une formidable ressource qui permet d’enrichir, consolider, contextualiser ses données patrimoniales et facilite la mise en place d’une stratégie d’energy management. Plus la base de données est importante, plus il est possible de comprendre le comportement de consommation de chaque site et d’adapter le plan d’action de réduction de la consommation énergétique. Commencez par faire le point sur les données dont vous disposez déjà grâce à notre checklist des données !

Vincent Ferrand

Publié par Vincent Ferrand