Dans leur gestion des dépenses énergétiques, les collectivités raisonnent encore souvent en termes de budget : fonctionnement vs. investissement. Mais les charges courantes ne cessent d’augmenter, réduisant souvent les capacités d’investissement. Seule solution pour s’en sortir : repenser l’approche budgétaire de manière globale pour réussir à faire des économies et investir dans des mesures d’efficacité énergétique. Comment ? Par l’optimisation tarifaire et la mise en place d’une démarche d’energy management.

Repenser les budgets d’énergie dans les collectivités

Pour gérer leur parc immobilier, les collectivités locales disposent généralement de deux enveloppes budgétaires souvent en concurrence : un budget de fonctionnement alloué aux charges courantes et un budget d’investissement pour les rénovations et les nouveaux équipements. Problème : les ressources diminuent d’année en année tandis que les factures courantes ne cessent d’augmenter.

En cause ? La hausse des coûts de l’énergie et le vieillissement des bâtiments. La vétusté touche en effet de plus en plus de bâtiments publics. Et les épaves énergétiques coûtent très cher aux collectivités. La solution pour continuer à investir : réduire les dépenses de fonctionnement pour libérer du budget à consacrer aux travaux d’amélioration des performances.

Gestion du parc immobilier : l’energy management en pratique

Dans une démarche d’energy management, les méthodes d’amélioration de l’existant diffèrent selon le type de bâtiments pris en compte.

Dans les bâtiments de typologie similaire (HLM, logements de fonction, bureaux administratifs…)

Le recours au clustering permet de classer les bâtiments et d’identifier des typologies en fonction de la consommation énergétique. En analysant plus en détail les sites les plus gourmands, il est possible ensuite de préconiser des actions pour optimiser les charges.

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Vous avez dit clustering ?
Le clustering de données est une méthode d’analyse des data permettant de regrouper des bâtiments similaires entre eux (typologie, profil de consommation, localisation etc.) ce qui permet de pouvoir facilement les comparer entre eux et identifier rapidement les bons et les mauvais élèves.

Exemples de préconisations :

  • calorifugeage des canalisations d’eau chaude et de chauffage pour limiter les déperditions de chaleur ;
  • isolation des combles pour éviter les fuites de chaleur en toiture ;
  • optimisation des cycles de chauffage en tenant compte de la chaleur dégagée (par les installations ou les personnes) pour éviter de chauffer inutilement.

Dans les bâtiments spécifiques (piscines, patinoires, complexes sportifs, bibliothèques…)

Pour ces bâtiments spécifiques, une étude approfondie de la consommation doit être menée sur la base des courbes de charges et des données issues du sous-comptage des équipements. Des travaux de rénovation adaptés à l’optimisation des charges peuvent ensuite être proposés.

Exemples de préconisations :

      • intégration d’un nouveau poste de consommation énergétique (climatisation) à la gestion technique des bâtiments (GTB) ;
      • remplacement des vannes manuelles par des vannes motorisées sur les départs d’eau chaude dans les chaufferies ;
      • régulation de l’éclairage par un interrupteur crépusculaire.

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Payer le prix juste grâce à l’optimisation tarifaire

L’optimisation tarifaire consiste à détecter des erreurs de facturation et à mettre fin à d’éventuels contrats orphelins ou clandestins. C’est en fait le moyen de payer le juste prix – correspondant à sa consommation réelle.

Pour optimiser la gestion de vos contrats, vous devez mettre en place une analyse détaillée de vos factures d’énergie. L’objectif final est de souscrire la puissance maximale la plus juste en réduisant au maximum les coûts de dépassement, et ce grâce à des logiciels de data-analytics. 15 000 à 40 000 euros d’économies en moyenne pourraient ainsi être réalisées sur un parc immobilier de 200 à 600 bâtiments.

Pas besoin de relevés supplémentaires ! L’optimisation des charges d’énergie peut aujourd’hui s’effectuer simplement en utilisant les données existantes. Ces économies d’énergie pourront ensuite être avantageusement affectées à des projets d’amélioration de la performance énergétique (travaux de rénovation, isolation du bâti, acquisition d’un nouveau site…).

Lorsqu’elles pensent efficacité énergétique, les collectivités locales raisonnent encore en termes d’enveloppe budgétaire. Bien sûr, l’investissement reste le moyen le plus efficace pour réduire les dépenses, mais il ne faut pas pour autant oublier d’optimiser ses factures d’énergie en misant sur l’energy management. L’automatisation des tâches à faible valeur ajoutée (saisie des données) permise par un logiciel de suivi permet aux gestionnaires de fluides de gagner du temps et de trouver des pistes d’amélioration de la performance énergétique. Sans avoir besoin d’investir à tout prix !

Alan Floch

Publié par Alan Floch

Data Collect Quality Expert chez Deepki.