Transi­tion écolo­gique oblige, les « obli­ga­tions vertes » ont le vent en poupe. Un label, « Tran­si­tion éner­gé­tique et écolo­gique pour le climat » a même été créé en 2015, pour défi­nir les acti­vi­tés éligibles aux fonds levés dans leur cadre. Mais en quoi consistent ces obli­ga­tions ? En quoi peuvent-elles être inté­res­santes pour l’im­mo­bi­lier ? Expli­ca­tions.


Obli­ga­tions vertes, pour quoi faire ?

Les « green bonds », ou obli­ga­tions vertes en français, sont… des obli­ga­tions émises par une entre­prise ou par une entité publique. Elles présentent cepen­dant deux parti­cu­la­ri­tés qui les diffé­ren­cient de leurs homo­logues clas­siques :

  • elles ont pour objec­tif de finan­cer des projets liés à la tran­si­tion écolo­gique et à l’en­vi­ron­ne­ment (déve­lop­pe­ment des éner­gies renou­ve­lables, projets d’amé­lio­ra­tion de l’effi­ca­cité éner­gé­tique d’un bâti­ment…) ;
  • leurs émet­teurs doivent présen­ter un repor­ting détaillé des inves­tis­se­ments réali­sés, afin de démon­trer que ceux-ci sont bien en lien avec une démarche « verte ».

La toute première émis­sion d’une obli­ga­tion verte remonte à 2008. Le marché des green bonds a atteint 92 milliards en 2016 et semble bien parti pour fran­chir la barre des 100 milliards cette année. Alors que le finan­ce­ment public de la tran­si­tion éner­gé­tique prête toujours à un débat et que la COP21 est remise en ques­tion par le retrait de Donald Trump, cet outil déve­loppe les sources de finan­ce­ment privé et permet de répondre à la demande crois­sante d’ISR des inves­tis­seurs.


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Les obli­ga­tions vertes dans l’im­mo­bi­lier : accé­lé­ra­teur de la perfor­mance envi­ron­ne­men­tale des bâti­ments

Si les obli­ga­tions vertes rencontrent tant de succès — la France a notam­ment émis en janvier dernier sa toute première obli­ga­tion verte, pour un montant total de 7 milliards d’eu­ros sur 22 ans —, c’est aussi parce qu’elles consti­tuent un outil de commu­ni­ca­tion extrê­me­ment posi­tif. Elles permettent en effet aux enti­tés publiques et aux entre­prises, notam­ment dans le domaine de l’im­mo­bi­lier, de valo­ri­ser une démarche envi­ron­ne­men­tale et de séduire les fonds ISR (Inves­tis­se­ment Socia­le­ment Respon­sable). Un bon point pour l’image !

Les acteurs de l’im­mo­bi­lier en ont saisi l’in­té­rêt. En février 2017, la Caisse des dépôts a levé 500 millions d’eu­ros avec son green bond. Une partie des fonds levés permet­tra de finan­cer l’immo­bi­lier durable (réno­va­tion ou éco-construc­tion). En mai de la même année, c’est la Foncière des Régions qui se lance sur ce marché avec une levée de même ampleur. Les millions levés servi­ront selon l’en­tre­prise à finan­cer ou refi­nan­cer des actifs de bureaux en cours de déve­lop­pe­ment ou récem­ment livrés et béné­fi­ciant d’une certi­fi­ca­tion HQE (cible mini­mum 9/14) ou BREEAM (Very good). L’enjeu sera ensuite de déve­lop­per un repor­ting solide qui permet­tra de mesu­rer les impacts réels sur l’en­vi­ron­ne­ment de ces inves­tis­se­ments et dépas­ser ainsi le simple aspect de la commu­ni­ca­tion.

Les obli­ga­tions vertes consti­tuent incon­tes­ta­ble­ment une arme effi­cace pour favo­ri­ser la tran­si­tion écolo­gique et la recherche d’une meilleure effi­ca­cité éner­gé­tique. Reste à voir comment les acteurs écono­miques français s’en servi­ront sur le long terme !


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Clémence Michel

Publié par Clémence Michel

Digital Marketer chez Deepki.